Actupolis

Réflexions sur l'actualité politique.

07 mars 2007

Le mouvement inexorable de l'histoire

La France souffre d'un mal qui ne lui est pas propre mais qu'elle exacerbe plus que tout autre nation: l'inertie.
En effet on nous fait croire qu'un certain nombre de tendances sont inexorables et qu'il ne sert donc à rien de réfléchir au sens profond de celles-ci.
Je pense par exemple aux droits des homosexuels. Une grande part de l'establishment politique, y compris les jeunes actifs de l'UMP et Ségolène Royal, qu'on ne peut pas taxer d'un progressisme forcené, s'est prononcée en faveur du droit au mariage des homosexuels (mais aussi, nous y reviendrons prochainement, à l'adoption).
Il n'est pas question ici de stigmatiser l'homosexualité mais j'aimerais beaucoup que l'on m'explique quel intérêt a une société à la simple cohabitation de deux personnes, quelle que soit d'ailleurs leur orientation sexuelle, et pourquoi donc elle leur donne des droits nouveaux et des avantages fiscaux. Il me semble que si la famille hétérosexuelle a été favorisée c'est parce qu'elle a vocation (même si il y a parfois des échecs) a assurer la perennité de la société en faisant des enfants et en subissant la charge (notamment financière), ce que ne fait pas un couple de même sexe.
Il en est de même du sujet européen: j'ai grandi avec la rengaine selon laquelle l'Europe doit s'élargir et s'approfondir. Si un peuple refuse ce mouvement ce n'est que transitoire, un nouveau projet de même teneur lui sera soumis et finira par être accepté.
Cette idée d'un mouvement inexorable de l'Histoire est dramatique car elle dispense de se poser les vraies questions: pourquoi? comment? pourquoi faire?, or celles ci sont aux fondements de la liberté de pensée et d'opinion.

PetitBandeau

Posté par actupolis à 19:19 - Société/sociologie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Nos parents, ces irresponsables

Notre génération, celle des 18-30 ans, est une génération triste, fondamentalement ennuyeuse, vraiment pas une génération dont les géniteurs (la merveilleuse génération 68) puissent être fiers.
Comparons.

Nos merveilleux parents sont nés après la guerre. Après de courtes études plutôt peu studieuses ponctuées d'évènements très glamour, ils ont trouvé des emplois sans soucis majeurs (moins de 200 000 chômeurs, à l'époque, un chiffre qui fait sourire). Surfant sur les 30 glorieuses ils ont mené de belles carrières, n'ont point trop payé d'impôts ni préparé leurs retraites, ont souvent acheté de grands et beaux appartement (comme disait Edmonde Charles-Roux, "Je veux bien être à gauche tant que je peux manger du caviar") et n'ont surtout pas fait trop d'enfants.
De notre côté, rabats-joies, nous avons souvent fait de longues et monotones études (heureusement que la lutte contre le CPE a donné un sens à notre année 2006!) et subissons en moyenne 8 ans de précarité avant de trouver un emploi stable mais mal payé (dans l'idéal en tant que fonctionnaire). Une fois dans la place nous avons l'immense bonheur de payer quelques impôts ainsi que les retraites de nos parents et épargnons autant que possible pour payer nos propres retraites dont on sait que nos enfants (qui naissent avec déjà 42000€ de dettes issues de nos parents) ne pourront les payer. Ne trouvant à nous loger décemment (nos parents ne sont pas préssés de partir vivre à la campagne) nous allons pour une part d'entre nous élever nos nombreux enfants (tout est relatif!) à l'étranger.

Trouvez vous que ce modèle de société soit acceptable ?

Afin de remédier à cette situation un seul levier est envisageable: faire rester nos parents sur le marché du travail plus longtemps en reculant l'age de la retraite. L'opportunité est historique (50% des actifs vont partir à la retraite dans les 10 ans à venir) et si elle n'est pas saisie immédiatement alors nos parents auront définitivement été irresponsables tout au long de leur vie!

Celui ou celle qui osera se prononcer ouvertement en ce sens aura compris la jeunesse.

Posté par actupolis à 12:34 - Société/sociologie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 février 2007

Futurologie de l'adoption homosexuelle (3)

J'entends déjà dire que cette société sans hommes est en fait un fantasme d'hétéro traumatisé.

Cela dit il existe déjà un certain nombre d'indices de la consumérisation de la reproduction en France et dans le reste du monde:
- un nombre croissants de lesbiennes vont se faire inséminer artificiellement en Belgique, reproduisant en cela le phénomène observé sur l'avortement dans les pays qui l'interdisent (ex: les portuguaises qui vont avorter en Espagne), sauf qu'on passe ici d'une revendication du droit "à ne pas" enfanter au droit "à" enfanter, ce qui ne recouvre pas les mêmes conséquences
- des gays "rendent service" à leurs amies en leur faisant des enfants qu'ils "abandonnent" ensuite
- des mères porteuses rémunérés portent les enfants de couples gays (pas encore en France à ma connaissance mais je suis naïf)

En conclusion le message ici n'est en aucun cas de stigmatiser les homos mais simplement de constater que l'affranchissement par l'homme de l'un des éléments principaux de sa participation à la nature, à savoir la reproduction sexuée, témoigne d'une arrogance vis à vis de notre condition de mammifère du même type de celle qui nous conduit à détruire lentement mais sûrement la planête qui nous accueille. Il est à ce titre amusant de noter que ceux qui se réclament de la modernité de la reproduction non sexuée sont aussi ceux qui revendiquent le plus fort un retour au respect de la nature.

Posté par actupolis à 16:13 - Société/sociologie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Futurologie de l'adoption homosexuelle (2)

Au delà des arguments de court terme mentionnés dans le précédent post essayons de mesurer l'impact possible à plus long terme (au delà de la destructuration possible d'enfants qui manqueraient de repères, ce dont on n'a ni la preuve négative ni la preuve positive).
L'adoption par les homosexuels implique la possibilité de la multiplication sans sexualité reproductive. On peut donc envisager que l'insémination artificielle devienne de plus en plus courante, et finalement unique. On choisira donc un géniteur en fonction de critères bien précis, consuméristes.
Ce qui sera le plus long à reproduire artificiellement sera la matrice féminine, par conséquent toute naissance sera le fruit du corps d'une femme et des gamètes d'un homme (mais pas d'un homme lui même). Or les gamètes se conservent, se stockent, en attendant que le clonage ne rende le spermatozoïde lui même inutile.
L'homme deviendra accessoire à la reproduction. On peut donc assez bien imaginer une société sans hommes mâles.

Certains peuvent souhaiter ce modèle de société, après tout les hommes sont violents, bruyants et sales, mais j'avoue que personnellement cette perspective me fait frissonner (peut être parce que j'en suis un...)

Posté par actupolis à 15:38 - Société/sociologie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Futurologie de l'adoption homosexuelle (1)

Le jour de l'adoption du PACS l'Express titrait sur les prochaines étapes, notamment l'adoption par les homosexuels.
Aujourd'hui ce sujet est à la pointe de l'actualité.

Deux arguments principaux sont brandis: premièrement "pourquoi les homos n'auraient-ils pas les mêmes droits que les hétéros", deuxièmement "on ne nous a pas prouvé que les enfants elevés par deux parents du même sexe étaient moins équilibrés que les autres".
Sur le premier point, le rôle des règles dans une société n'est pas de donner toujours plus de droits sans contrepartie, mais au contraire de mettre en place une organisation qui permette à chacun de bénéficier de prestations au regard de son utilité aux autres. Le couple hétérosexuel marié a été favorisé essentiellement parce qu'il a vocation à faire des enfants, qui assurent la pérennité de la société et qui représentent des sacrifices (au moins financiers) pour leurs parents, ce que n'a pas vocation à faire le couple homosexuel.
Il faudrait donc mesurer l'intérêt de la société à la vie commune de deux personnes du même sexe et procurer les avantages liés. Ces avantages sont essentiellement la cohabitation (qui libère des logements), la solidarité financière (qui limite les risques pour les personnes qui contractent avec des personnes en couple) et le soutien mutuel (il est prouvé que les personnes vivant seules sont plus malades et vivent moins longtemps que les autres). Les avantages doivent être par exemple la capacité à hériter l'un de l'autre à un coût fiscal décent ou la co-titularité des baux d'habitation. En revanche les avantages fiscaux ne sont à mon sens pas légitimes (on pourrait d'ailleurs, par cohérence, supprimer les avantages fiscaux des couples mariés sans enfants) car la vie à deux n'entraîne pas de charges supplémentaires liées à une utilité plus forte pour la société.

Sur le deuxième point on peut simplemer utiliser le principe de précaution là où il serait vraiment utile: on n'expérimente pas sur des enfants !

Posté par actupolis à 15:24 - Société/sociologie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

31 janvier 2007

Les "anti": symptôme d'un mal français

La France est un pays dans lequel une grande part de la population, probablement plus de la moitié se définit avant tout comme "anti" plutôt que "pour": on parle de la gauche anti-libérale, de l'anti-américanisme, de l'anti-sarkozysme, on se réclame contre le réchauffement climatique, contre les patrons, contre le capital...

Sur le plan politique l'essentiel des partis se définissent avant tout comme "anti". Passons les principaux en revue: LO, la LCR, les verts et le PC sont anti-libéraux, anti-patronat, anti-américains, anti-sarkozystes et anti-fascistes; le PS est anti-américain, anti-sarkozyste et pour une large part anti-libéral; l'UDF est anti-UMP; le MPF et les FN sont anti-européens, anti-communistes et anti-libéraux. Même le président UMP de la République se définit avant tout comme anti-libéral.

Au delà des chiffres avancés par les Nicolas Baverez et autre Jacques Marseille cet état de fait n'est-il pas un autre des symptômes d'un pays qui, par absence de projets et d'aspirations, est un pays qui chute ?

Posté par actupolis à 10:33 - Société/sociologie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 janvier 2007

La société du risque zéro

Les deux mandats de Jacques Chirac ont vu la mise en oeuvre de la logique selon laquelle le risque zéro est possible.

Toute une série de lois et règlements tels la charte de l'environnement (et son délétère "principe de précaution"), la réglementation accrue de la consommation, la loi dite sécurité piscine et autres, ont laissé croire que la prise de risque était une forme d'irresponsabilité, qu'à tout dommage devait correspondre une culpabilité (si possible celle d'un "fort" fantasmé), que l'aléa et la responsabilité individuelle étaient des concepts appartenant à un passé révolu.
Par ce biais l'Etat s'ingère de plus en plus dans le domaine privé et annulle largement le principe fondamental selon lequel l'individu est libre de prendre les risques qu'il souhaite (à condition qu'il ne mette pas excessivement en danger la collectivité). D'où une société qui est de plus en plus celle des assistés, qui a peur de l'avenir, qui stigmatise le fort, qui maintien les faibles en situation d'infériorité (tant la prise de risque est le fondement de la promotion sociale par le travail), qui, finalement, fait le choix du repli sur sois.

Je comprends parfaitement que l'on puisse débattre de ce choix entre société de la protection et société du mouvement, ce qui implique de mesurer les termes de l'équation, à savoir plus de protection=moins de dynamisme et moins de protection= plus de dynamisme, mais les termes du débat sont ils réellement posés dans cette campagne?

Posté par actupolis à 11:20 - Société/sociologie - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Passé contre avenir

Après avoir légiféré sur la colonisation ou encore sur le génocide arménien voila que Jacques Chirac souhaite inscrire l'abolition de la peine de mort dans la constitution.

C'est à mon sens un nouvel avatar du phénomène selon lequel la France, plutôt que de se tourner vers un avenir qui l'effraie regarde vers le passé, au risque d'oublier de réfléchir à son futur.

Posté par actupolis à 11:04 - Société/sociologie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 janvier 2007

La France, pays des droits (2)

Sur les services à la personne. Jean-Louis Borloo déclare, avec candeur, qu'il n'est pas normal que ceux qui ne paient pas d'impôts sur le revenu ne puissent, par essence, déduire une partie de leurs charges de personnel de celui ci. Il propose donc un crédit d'impôt (c'est à dire un transfert financier de l'Etat vers l'employeur) à hauteur de 50% des dépenses engagées.
Pour moi, peut être suis-je naïf, cela veut dire que l'Etat va financer 50% des emplois créés, or un emploi financé par l'Etat est un emploi de fonctionnaire (certes le statut de la fonction publique ne leur sera pas applicable mais cela ne change pas fondamentalement les choses).
C'est immoral mais il me vient déjà une idée de fraude: et si je déclarais que je faisais le ménage chez mon voisin, et qu'il fasse de même, au bilan nous serions chacun payés par l'Etat (soit le contribuable) pour faire rien d'autre que notre devoir de tenir nos maisons.
Il y a quelque chose de magique dans notre beau pays !

Posté par actupolis à 10:42 - Société/sociologie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La France, pays des droits (1)

Notre chère France est un pays incroyable ! Nous venons d'apprendre coup sur coup que le logement et les services à la personne devenaient un droit pour chacun.

Cela revient à dire: ce n'est pas parce qu'on est pauvre qu'on n'a pas droit à une femme de ménage pour nettoyer son appartement.
Convenons en l'idée est belle, mais je ne peux m'empêcher de penser que la France n'étant pas une puissance pétrolière ces projets altruistes et généreux, je dirais même grandioses, ont quelque chose de pourri.

Posté par actupolis à 10:40 - Société/sociologie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1