Actupolis

Réflexions sur l'actualité politique.

02 mars 2007

La dette: ou le crime majeur des 3 derniers présidents

Quelques chiffres pour commencer: la dette est passée de 20% du PIB en 1980 à 66% aujourd'hui, il n'y a pas eu un seul budget à l'équilibre en France depuis 32 ans, les seuls intérêts de la dette représentent 40 milliards d'euros de dépenses par an, soit la quasi totalité des recettes de l'impôt sur le revenu. Un dernier pour la route: le déficit est exprimé en % du produit intérieur brut, pas en rapport avec les recettes de l'Etat, le déficit actuel (environ 3% du PIB) signifie en fait que l'Etat dépense 18% de plus qu'il ne prélève !
Qu'est ce que cela démontre? Simplement que les générations qui nous ont précédé ont construit leur confort (peu d'impôts, beaucoup de prestations) sur le dos de la génération des jeunes actifs d'aujourd'hui. Cela signifie aussi que si nous ne voulons pas passer pour aussi égoïstes que les soixante-huitards il faut que nous poussions nos gouvernants à respecter la règle de l'équilibre dépenses/recettes.
Que faire? Pour éviter de mettre en oeuvre des mesures trop impopulaires comme la hausse des impôts et la baisse du niveau de prestation il faut absolument faire un effort majeur de productivité des administrations publiques et de contrôle des dépenses. Cela se traduira par la rémunération des fonctionnaires à la performance, par l'informatisation des administrations, par l'augmentation des contrôles sur les dépenses pour limiter les fraudes, par la mise en compétition des services publics avec le privé lorsque ces derniers semblent plus efficaces, par l'utilisation de consultants extérieurs destinés à importer dans la gestion publique les meilleures pratiques mises en oeuvre ailleurs.

Ce n'est qu'en comprenant la gravité de l'endettement et en réhabilitant le mot productivité qu'on arrivera à sauver le "modèle social français".

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28 février 2007

Mille feuille: mot très français

C'est le mot qui me vient en premier à l'esprit quand je pense aux échelons administratifs français ainsi qu'à notre législation.

Le mille feuille administratif consiste en arrondissement, communes, communautés de communes ou d'agglomération, cantons, départements, régions, Etat et Europe, et je n'ai pas la prétention d'être exhaustif...
Le mille feuille législatif en est pour une part la conséquence, car à presque chaque échelon correspond un pouvoir normatif et pour le restant le fait d'un législateur fou, qui ne remet jamais une quelconque norme en cause et prétend régenter chaque élément de la vie des citoyens, y compris la façon de penser.

Les conséquences sont exactement contraires à l'effet recherché: au lieu de proposer au citoyen un pouvoir proche de lui le mille feuille administratif entretient confusion, lourdeur et inefficacité; au lieu de protéger le faible le mille feuille législatif le fragilise, tant l'expertise de la connaissance du droit devient limitée à une infime minorité de l'élite.

En la matière seul un volontarisme de forcené permettra de mettre en oeuvre les répormes nécessaires, à savoir, a minima:
- Supprimer le départment, réduire à 5000 le nombre de communes en fusionnant celles qui appartiennent à des groupements de communes et en incitant fortement au regroupement des communes rurales dans des ensembles d'au mois 20000 à 30000 habitants, mettre effectivement en oeuvre le principe de subsidiarité entre l'Etat et l'Europe.
- Créer une commission relative à la simplification législative, qui ait pour objectif de soumettre à chaque session de l'Assemblée une série de lois et règlements à abroger, obliger toute autorité proposant une réglementation supplémentaire à soumettre à abrogation une règlementation existante.

Il ne faut pas oublier que si le trop peu est un danger le trop plein en est un aussi.

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27 février 2007

Droits proclamés/droits assurés (2)

Au lieu de proclamer stérilement des droits, ce qui est convenons-en facile, il faudrait mettre en place de véritables plans d'action, qui rendraient au final caducs la proclamation de ces droits car ils seraient assurés.

Ainsi sur le logement il faut lancer d'une part un grand plan de construction, notamment par de fortes incitations fiscales à l'investissement locatif et une révision des modes de définition des plans d'occupation des sols, et d'autre part inciter les propriétaires à remettre des logements sur le marché, en simplifiant l'expulsion des mauvais payeurs de mauvaise foi et en accélérant l'indemnisation par l'Etat en cas de décision d'expulsion non mise en oeuvre.

Concernant la sécurité il faut d'une part renforcer la présence des services publics dans les zones qui en ont le plus besoin (cf http://actupolis.canalblog.com/archives/2007/02/17/4029801.html) afin de garantir notamment la liberté d'aller et venir en sécurité et d'autre part renforcer les moyens de la justice afin que les infractions soient punies dans les meilleurs délais.

Ce n'est qu'en menant des actions qu'on changera la vie, pas en déclarant des droits...

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Droits proclamés/droits assurés (1)

La France, depuis la Révolution, se gargarise du fait d'être le pays des droits.
Ces dernières années ont vu, on l'a déjà détaillé ici, une inflation sans précédent des droits dits "créance", qui "donnent à l'individu le droit d'exiger certaines prestations de la part de la société ou de l'État" (R. Pelloux).
Or on se rend compte qu'en fait les droits dont il est fait mention ne sont que des proclamations car les prestations qu'ils impliquent ne sont pas assurés.

Donnons en deux illustrations:
- L'Assemblée vient de proclamer un droit au logement opposable, or le projet de loi ne contient aucune mesure visant à rendre des logements disponibles.
- Les hommes politiques serinent aux français qu'ils vivent dans un pays dans lequel ils sont libres. Or est-ce que les jeunes filles sont libres de sortir le soir seules dans la rue? Sont-elles libres de s'habiller comme elles le souhaitent? Est-on libre de se rendre ou l'on veut?  Sans sécurité physique et juridique il n'est pas de liberté.

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07 février 2007

Revaloriser le métier de fonctionnaire

"Pourquoi la Fonction Publique ?
Vous désirez être dans un environnement de travail sécurisant, garantissant votre emploi, être en contact avec le public, et exercer un travail d'intérêt général ? Vous désirez avoir une carrière évolutive, dans des conditions de travail avantageuses et avec des niveaux de rémunération attrayants ? Vous désirez peut-être changer de vie, de travail, mettre un terme à votre stress, et mettre en avant votre vie familiale ? Rendez-vous sur www.cofop.fr"

Ce sont les arguments qui sont utilisés pour recruter des fonctionnaires.
A part le point sur l'intérêt général l'ensemble des éléments mentionnés sont des arguments anti-travail ou a minima des arguments qui vont à l'encontre de la notion même de service public.
Voila donc ce que l'on a fait d'une fonction qui devrait être celle d'une élite, parce qu'elle fait un métier exceptionnel, celui de SERVIR LES AUTRES.

Il faut donc redonner du sens au métier de fonctionnaire, avec deux axes de réforme. En premier lieu il faut remettre au centre la notion de service public, de service du public, c'est à dire pouvoir licencier les incompétents ou les paresseux, et remettre le citoyen-consommateur au centre de l'équation, en limitant par exemple le droit de grève. En contrepartie il faut compenser ce "durcissement",  en garantissant la promotion des meilleurs (la suppression des corps et l'augmentation de l'échelle de notation seraient utiles) et en revalorisant significativement les salaires, non pas en fonction de l'ancienneté ou de la formation d'origine mais plutôt en fonction du niveau de difficulté du services accompli.

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26 janvier 2007

Obligations de moyens/obligations de résultat

La France est par de nombreux aspects un pays paradoxal. L'un qui n'est pas des moindres est l'attitude de la gauche vis à vis du fonctionnement de l'action publique.

En effet la gauche française n'a toujours pas évolué dans son rapport avec l'argent, en particulier l'argent privé. L'argent est quelque chose de sale, dont les détenteurs sont forcément suspects, l'argent est par essence un facteur de conflit. Quelques citations récentes en témoignent: "Nous allons effrayer le capital" (MS Royal), "Je n'aime pas les riches" (F. Hollande).
A l'opposé l'argent public est vu comme la solution à tous les problèmes: si les élèves ne savent pas lire en 6e c'est parce ce que l'Education Nationale manque de moyens, si les jeunes sont violents c'est parce que les quartiers dans lesquels ils vivent sont des "oubliés" de la dépense publique" etc

Cette logique de comptable traduit un manque d'imagination et d'ambition confondant, en se posant uniquement la question du combien la gauche oublie les questions ô combien plus importantes du pourquoi, du pour quoi et du comment. En effet l'obligation de l'Etat ne peut se résumer à une obligation de moyens, c'est à dire à un saupoudrage diffus d'argent sans contrôle et sans suivi, mais doit devenir une obligation de résultat, où l'utilisation des moyens devient aussi importante que leur ampleur.

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15 janvier 2007

La SNCF, un trésor national

Les français sont fiers de la SNCF et c'est bien normal, nous bénéficions de trains rapides, somme toute assez fiables (hors périodes de grèves), sûrs et dont les tarifs sont abordables. C'est du moins ce que l'on nous fait croire...

Sur ce dernier point par exemple près de la moitié de ressources de la SNCF sont des ressources publiques (prise en charge des retraites, subventions diverses, prise en charge de la dette transférée à RFF etc), ce qui signifie que le coût de revient d'un billet Paris Marseille payé par exemple 80€ est en réalité proche de 160€, dont la moitié financé par l'impôt.

Abordable ?

PetitBandeau

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