Actupolis

Réflexions sur l'actualité politique.

08 mars 2007

Pour un enseignement socialement responsable

Encore un paradoxe français: aujourd'hui plus un enseignant est expérimenté et mieux il est noté, plus "faciles" sont les élèves qu'il a en face de lui et meilleure est sa rémunération.

En effet ce sont la notation et l'expérience qui permettent d'acquérir des points, qui donnent droit à une liberté plus grande dans le choix des affectations ainsi qu'à une meilleure rémunération. Les enseignants n'étant pas majoritairement masochistes, ils utilisent ces points pour obtenir des mutations vers des zones plus "calmes".
En miroir de ces privilégiés les jeunes enseignants sont envoyés "au casse pipe" face à un public difficile (30% des premières affectations ont lieu dans l'académie de Creteil) et perdent en quelques mois l'essentiel de leurs illusions, et les élèves qui ont le plus besoin d'un enseignement de qualité, afin de compenser un environnement moins propice aux études, ont face à eux des enseignants qui souvent ne font pas le poids.

Une réforme vraiment sociale consisterait à mettre les meilleurs enseignants face aux élèves qui en ont le plus besoin.
Il faudrait donc maintenir ce système à points (en augmentant la marge de notation pour différencier les bons des moins bons) mais en en changeant les implications. Les enseignants ayant acquis le plus de points gagneraient le droit à des salaires élevés (sans commune mesure avec les salaires proposés actuellement en fin de carrière) à condition d'accepter des mutations dans des établissements dits "difficiles".

Que peut proposer une nation de plus "social" que de donner le meilleur de ses fonctionnaires à ceux qui en ont le plus besoin ?

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22 février 2007

Une révolution pour les universités

Voici le projet de loi qui pourrait révolutionner l'université et permettre à la France de se doter enfin d'une éducation supérieure à la hauteur de ses ambitions.
Il tient en un article "Le conseil d'administration définit les statuts et le règlement intérieur de l'université".

En effet l'université est sclérosée par un centralisme administratif frisant le totalitarisme. Le ministère définit le nombre et l'attribution des postes à l'unité près, encadre les programmes, attribue les budgets de manière extrêmement détaillée, interdit la sélection à l'entrée, définit le rôle et la composition de tous les organes décisionnels etc.

Ce carcan empêche les universités de développer leurs spécificités, de s'organiser de la manière la plus efficace, de nouer des partenariats, de recruter librement des enseignants, bref d'exister. C'est la principale raison pour laquelle les universités françaises sont, pour les disciplines dans lesquelles elles sont en compétition avec les grandes écoles, systématiquement en retrait.

Pourquoi aucun homme politique ne propose t-il aujourd'hui une telle réforme ? Peut-être parce que cela revient à accepter pour le pouvoir politique de perdre une part de son pouvoir...

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20 février 2007

La sélection à l'université

Aujourd'hui une seule filiaire universitaire sélectionne ses élèves à l'entrée: STAPS. Les aspirants au métier de professeur de sport se lèvent donc très tôt le lendemain du bac pour déposer leur dossier (et oui, la sélection n'est pas faite sur le niveau mais sur l'ordre de dépôt des dossiers).
Le résultat de cette "non-sélection" à l'université est connu: les élèves sont mal orientés, dans les filières qui ont le moins de débouchés (la France accueille 30% des élèves en psycho de l'UE!) et sortent de l'université, quand ils en sortent avec un diplôme, avec la perspective de 8 années de précarité avant de trouver un emploi stable.

La France pourra sortir de cette situation ubuesque au prix de trois changements majeurs:
- Le premier volet consiste à changer totalement les politiques d'orientation professionnelle, en remplaçant progressivement des conseillers d'éducation pour la plupart psychologues par des personnes expérimentées qui se sont confrontées aux réalités du marché de l'emploi et qui sauront dire aux élèves "sois réaliste". On espère ici réduire significativement le nombre d'élèves s'orientant vers des filières sans débouchés.
- Le deuxième volet implique d'introduire la sélection à l'entrée de l'université: les places doivent être attribuées en proportion du nombre de postes à la sortie et/ou d'un projet professionnel détaillé. Cette sélection renforcera d'autant la capacité des élèves issus de ces filières à trouver un emploi à la sortie, sur le modèle anglais où peu importe la formation tant que les élèves ont été sélectionnés.
- Il importe enfin de pousser les entreprises à diversifier leurs recrutements, ce qui sera possible notamment en réformant le contrat de travail dans le sens d'une consolidation des droits du salarié avec l'ancienneté, ce qui conduira aux entreprises de prendre plus de "risques" concernant leur recrutement.

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05 février 2007

Universités

Universités : Mettons fin à l’hypocrisie ambiante !

L’amélioration de la qualité de l’enseignement supérieur français passe par le renoncement à l’hypocrisie qui encourage chacun à s’orienter sans se préoccuper des débouchés de sa filière.

En effet, le système de l’enseignement supérieur français repose sur une triple hypocrisie :

-          chacun doit pouvoir s’orienter selon ses centres d’intérêt, indépendamment des débouchés ouverts par les filières. Or la France est un pays dans lequel les diplômes acquis dans l’enseignement supérieur sont l’unique sésame pour accéder au monde du travail. Cette étroitesse d’esprit qui conduit à penser qu’un étudiant brillant en histoire est incapable de travailler efficacement en stratégie d’entreprise est sans doute regrettable, mais c’est un fait, et il faudra probablement beaucoup de temps pour voir les choses évoluer à l’anglo-saxonne, où un jeune diplômé avec un Bachelor’s Degree en philosophie et un Master en physique (combinaison déjà inenvisageable en France) peut devenir à sa sortie une pointure des fusions-acquisitions, à condition qu’il soit diplômé d’une bonne université, ce qui nous amène au second aspect de l’hypocrisie sur laquelle repose l’organisation de l’enseignement supérieur à la française ;

-          l’absence de compétition entre les universités, inhérente à l’interdiction qui leur est faite de procéder à une sélection des étudiants à l’entrée (elles ne peuvent entrer en compétition juste si elles n’ont pas les moyens de faire valoir leurs atouts auprès des meilleurs étudiants), ne permet pas de produire, en toute transparence pour l’ensemble des étudiants, un panorama des meilleures formations dans chacun des domaines d’études. Dès lors, la décorrélation qui a cours dans les pays anglo-saxons entre la formation initiale du jeune diplômé – pourvu qu’elle soit de qualité - et son débouché professionnel n’est pas possible en France, dans la mesure où la qualité des cursus réalisés par les jeunes diplômés n’est pas connue des recruteurs, sauf en ce qui concerne un petit cercle de privilégiés de certaines universités dans certaines disciplines (Dauphine en économie, Assas en droit…). Cette opacité dans la valeur des cursus empêche à la fois les étudiants méritants de s’orienter vers les filières d’excellence dans la mesure où celles-ci ne sont pas identifiées, et les recruteurs d’avoir confiance dans les capacités des diplômés de ces filières de s’adapter à des situations professionnelles d’une infinie diversité et en perpétuelle évolution. Cette transparence dans l’évaluation et la comparaison des cursus permettrait à TOUS les étudiants (et pas seulement la frange privilégiée qui connaît la valeur accordée aux cursus par les recruteurs) de réaliser leur orientation, dernière source d’hypocrisie du système français, en ayant tous les éléments d’informations nécessaires.

-          L’orientation est en effet confiée à des personnels qui n’ont souvent qu’une expérience extrêmement partielle du monde du travail, généralement issus de la fonction publique ou du secteur para-public et parfois réticents à présenter le monde de l’entreprise. Pas étonnant qu’une majorité de jeunes diplômés aspire dans ces conditions à intégrer la fonction publique ! En outre, ces personnes ont tendance à indiquer aux jeunes en recherche d’orientation que les filières d’excellence, classes préparatoires et grandes écoles en tête, sont réservées à une élite dont ils ne font pas partie. Les expériences d’ouverture réalisées tant à Sciences-Po qu’à l’ESSEC – sur des modes différents – à destination de jeunes des quartiers difficultés démontrent pourtant que leurs chances de succès sont significatives. Arrêtons donc cette sorte d’auto-censure et encourgeons les jeunes méritants à aspirer aux filières qui leur assureront un maximum de réussite !

En résumé, renonçons à ces 3 tabous en rendant les filières compétitives et transparentes, et le marché de l’emploi s’ouvrira plus facilement aux diplômés de filières diversifiées mais à la qualité reconnue. C’est également la clé de la réussite pérenne du modèle français d’éducation supérieure gratuite et publique dans un contexte de concurrence internationale nouvelle et de plus en plus exacerbée.

François

Posté par frmar à 16:13 - Education - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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