Actupolis

Réflexions sur l'actualité politique.

13 mars 2007

La formation professionnelle: le meilleur remède au chômage

En France domine encore la croyance en la possibilité d'avoir un seul métier pour toute la vie.

Or, c'est un poncif, notre société va de plus en plus vite. Les consommateurs sont versatiles et les modes sont courtes. Du jour au lendemain le consommateur abandonne la télévision cathodique au proft de l'écran plat, n'utilise plus de charbon pour se chauffer et préfère la cuisine japonaise à la cuisine régionale. Ce n'est donc pas la faute de l'Etat si des entreprises ferment, c'est parce qu'elles ne servent plus les besoins des consommateurs.
De l'autre côté on observe qu'un grand nombre de secteurs n'arrivent pas à recruter: le batiment, l'informatique, la restauration, et récemment les fonctions commerciales. Ces secteurs font donc face à la pénurie de main d'oeuvre et tentent tant bien que mal de recruter des étrangers.

Il faut donc, c'est une évidence, favoriser la reconversion professionnelle des chômeurs qui sont dans des filières sans débouchés en leur proposant systématiquement des formations diplomantes leur permettant de s'orienter dans des filières à débouchés. Chacun doit disposer d'un crédit formation valable tout au long de la vie, à utiliser non seulement pour la formation initiale mais aussi pour la formation continue et la reconversion. Un volet coercitif doit être mis en place, en réduisant progressivement les indemnités chômage de ceux qui refusent d'entrer dans les programmes de reconversion.

C'est au prix de ce changement de mentalité que l'on arrivera enfin à donner un emploi à tous !

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01 mars 2007

Les cadres: ou une élite aliénée

La France, on l'a déjà dit ici, a fait le choix de faire reposer l'essentiel de la compétitivité nationale sur une part très limitée de la population, celle d'une certaine élite travaillant dans le secteur privé. Or cette population, en plus de ne pas recevoir les fruits de son travail (quand la somme des cotisations sociales et du l'impôt dépasse 80% du coût du salarié pour l'entreprise), subit des conditions de travail qu'on peut qualifier d'aliénantes.

Deux illustrations de ce phénomène: l'organisation en "open space" et la valorisation de la mobilité.
L'organisation en "open space" consiste à rassembler les salariés dans un espace ouvert, sans cloisons. Cela entraîne deux conséquences: d'une part un contrôle accru par le management et d'autre part une absence totale d'intimité empêchant les salariés de gérer leurs affaires personnelles sur leur temps de travail. Si cela est acceptable lorsque le temps de travail est limité et que les salariés ont le temps de gérer leurs affaires après la journée de travail mais dans les horaires d'ouverture des magasins ou services utilisés, cela devient intolérable pour ceux qui ne peuvent sortir avant 20H.
La valorisation de la mobilité contribue elle aussi à cette aliénation des cadres. En effet les entreprises valorisent fortement la souplesse quand à l'affectation géographique des personnels, et se permettent le plus souvent des préavis de très courts lors des changements d'affectation. Les conséquences en sont lourdes: impossibilité de faire des plans d'avenir (par exemple achat immobilier), difficulté de maintenir en activité les deux membres du couple ou instabilité du cercle familial (enfants transférés d'école en école).

Les entreprises doivent assumer leur rôle social, ce qui peut se traduire au travers de mesures très simples, on pense par exemple à l'aménagement d'espaces isolés et équipés à minima d'un téléphone en annexe de chaque "open space" ou au respect de règles de préavis (fonction de degré de changement et de la situation de famille) dans le cadre des mobilités professionnelles.

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23 février 2007

Pour un service d'intérêt général (2)

Pour recréer cette forme de "gratitude" il faut donc renforcer la conscience du bénéfice reçu de la part de la société.
Prenons l'exemple de deux catégories de population: les étudiants et les chômeurs.

Les étudiants reçoivent énormément de la collectivité: une éducation quasi gratuite et des allocations diverses et variées. Ils ont aussi pour la plupart du temps libre (à l'exception peut être des préparationnaires et de ceux qui doivent travailler pour financer leurs études). Ils pourraient à ce qu'il me semble consacrer une partie de ce temps à aider les autres, par exemple en assurant un tutorat dans les collèges et lycées. Cette mesure permettrait de rétablir une forme d'égalité car cela permettrait à des adolescents qui n'en auraient autrement pas eu la possibilité de travailler avec le soutien d'une personne éduquée, de comprendre les chances de promotion offertes par l'éducation supérieure et d'en comprendre les rouages.

La situation des chômeurs est selon moi dégradante, on leur verse une indemnité pour qu'ils recherchent du travail, et uniquement pour cela. Or d'une part la recherche d'un emploi ne prend pas 100% du temps disponible, d'autre part il est important pour chacun de se sentir utile aux autres et enfin les chômeurs disposent d'une énergie et de compétences qui ne sont pas utilisées pendant leur période de recherche (sans compter l'effet désocialisant de ne pas avoir à se lever le matin).
Il serait pour moi acceptable de demander aux chômeurs de justifier d'une activité sociale (associative, soutien à l'administration, travail environnemental etc) à temps partiel pour toucher leurs indemnités à taux plein.

C'est en recréant cette conscience de l'utilité sociale que l'on arrivera à recréer entre les citoyens un lien en pleine deliquescence.

Posté par actupolis à 16:13 - Economie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Pour un service d'intérêt général (1)

La France est un pays peuplé d'ingrats. Les personnes qui bénéficient de l'effort de la collectivité ne lui en sont en général pas reconnaissants. En témoignent par exemple le manque criant de soutien des anciens étudiants de faculté pour l'institution qui les a formé, ou la défiance très forte de la population vis à vis de la police, sans compter les agressions quotidiennes contre les acteurs des services publics dans les quartiers dits "difficiles".
Cet état de fait est en partie expliqué par deux facteurs: d'un côté l'écart dans le temps entre le bénéfice d'un service (par exemple les cours reçus au lycée) et le moment où l'on y contribue (par les impôts, souvent bien plus tard) explique que les français ne fassent pas le lien entre les deux, d'autre part le niveau très élevé des prélèvements explique l'exigence très forte des français vis à vis des services publics (cela explique pourquoi les français donnent très peu aux associations humanitaires, ils estiment avoir déjà payé par l'impôt).

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19 février 2007

Une vision libérale de l'entreprise (2)

Si l’on adopte cette vision de l’entreprise alors de nombreuses pistes de réformes peuvent être envisagées.

On pourrait imaginer de nouvelles modalités de rémunération des dirigeants. Ceux-ci devraient faire un choix exclusif entre rémunération à la performance ou rémunération du travail au temps passé. Il est en effet anormal de voir des patrons bénéficier à la fois d’une forte rémunération (sans compter les « parachutes dorés ») et de bonus mirobolants en fonction de la performance boursière de l’entreprise. Si un patron souhaite être rémunéré au temps passé alors il doit renoncer à tout capital. S’il souhaite être rémunéré à la performance alors il ne peut avoir de salaire fixe, par ailleurs sa performance devra être évaluée au regard des trois facteurs de production mentionnés au préalable et non pas de la seule performance boursière.

Les entreprises jouent aussi un rôle dans l’organisation de la société, il serait donc parfaitement normal que celles-ci participent à la promotion de l’égalité homme/femme et de l’activité des seniors (deux facteurs clés d’un potentiel retour à la compétitivité de la France), par exemple en généralisant les crèches d’entreprise ou en rendant possible de manière plus systématique le temps partiel choisi.

De même comment mieux que par la généralisation de l’actionnariat salarié réconcilier les facteurs travail et capital ? Il est aisé d’expliquer à un salarié que ce qu’il ne touche pas en hausse de salaire il le touche en dividendes…

Je ne prétends pas ici détenir la vérité mais constate simplement que plutôt que de proposer des réformes à partir d’une vision fantasmée de l’entreprise, tel que le font les socialistes (notons d’ailleurs la très faible part de l’équipe de campagne de MS Royal qui a un jour travaillé dans une entreprise), il convient d’abord d’en comprendre le fonctionnement.

Posté par actupolis à 15:06 - Economie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Une vision libérale de l'entreprise (1)

Les gauchistes français manquent cruellement de culture politique dans leur dénonciation de la droite.
En effet ils considèrent que la droite française est libérale (ce qui est faux) et que le libéralisme consiste avant tout en la domination du capital sur le travail, ce qui revient à confondre libéralisme et capitalisme.

Une approche libérale pourrait consister à identifier clairement les trois facteurs de production mis en œuvre dans une entreprise, définis tels que l’absence de l’un d’entre eux empêcherait toute entreprise de fonctionner. On recense donc le travail, le capital et « l’environnement ».

Le travail est fourni par les salariés de l’entreprise. Il doit être rémunéré au temps passé et/ou à la performance.
Le capital permet à l’entreprise d’optimiser la productivité du travail en permettant à celle-ci de s’équiper. Il doit être rémunéré en prenant en considération le fait qu’il représente pour les apporteurs une consommation différée, un sacrifice et un risque. Il faut lutter contre l’idée d’un capital « in-humain », au contraire le capital est éminemment humain.
Le dernier facteur, « l’environnement », est plus complexe à définir. Il consiste en l’environnement physique et réglementaire qui permet à l’entreprise d’exister : des infrastructures qui permettent des échanges, des écoles qui forment les salariés, une police qui sécurise le droit de propriété etc. Ce facteur doit être rémunéré selon plusieurs formes: la taxation des activités (taxes sur le travail, sur le profit, sur l’impact environnemental) et la participation des entreprises à la vie sociale.

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15 février 2007

Conséquences d'une taxation des "superprofits" de Total

Certains en seront surpris mais je trouve que les profits dégagés par les « majors du pétrole » ont quelque chose d’effrayant. Plus effrayant encore est l’usage qui en est fait. En effet, à défaut de projets en nombre, en ampleur et en qualité suffisants dans lesquels investir, les compagnies pétrolières en redistribuent une partie importante directement aux actionnaires sous forme de dividendes ou de rachats d’actions.
Cela dit je ne peux souscrire à l’idée d’une taxation des « superprofits » de Total. En effet la valorisation boursière d’une entreprise est fonction de sa capacité à générer des profits dans le futur. Si ces profits sont grevés par des taxes supplémentaires alors la valorisation boursière de Total va s’effondrer et la société deviendra une cible d’OPA. Si Total est racheté par un groupe étranger alors les profits de l’entreprise, essentiellement générés à l’étranger, ne seront plus taxés en France.
On risque donc de perdre chaque année quatre milliards d’euros de recettes (33% de 12 milliard) pour un bénéfice de, selon les propositions, un à deux milliards, sans compter sur l’effet délétère quant à la perception de la capacité à entreprendre en France.
Ce débat rappelle à mon sens celui sur l’octroi des licences UMTS, où l’Etat, pour financer une dépense non maîtrisée, s’est octroyé un droit sur un « bien » qui ne lui appartenait pas.

Posté par actupolis à 12:26 - Economie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 février 2007

Pour la fin du CDI... du CDD, des stages et autres CNE.

En France les relations de travail sont extrêmement normées, et les salariés sont mis dans des boites.
Suivant la boite dans laquelle on se situe on est un « insider » ou un « outsider ». L’insider est bien payé, son emploi est sûr et protégé, il ne travaille pas trop. L’outsider est mal payé, précaire, il travaille dur.

La séparation insider/outsider est la transposition moderne de la lutte des classes ouvrier/patron.
Dans le privé sont des privilégiés ceux qui sont en CDI dans des grands groupes. Sont des opprimés les stagiaires, les CDD, les CNE, les salariés des petites entreprises. Le schisme est encore plus violent dans la fonction publique et les entreprises publiques, avec la séparation titulaires/contractuels

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Plutôt que de « faire du CDI la règle », ce qui est illusoire et dangereux (ce serait la meilleure garantie d’un chômage durable et d’une insertion impossible des jeunes) il faut supprimer l’ensemble de ces statuts pour créer des règles de consolidation des droits au regard de l’ancienneté dans l’entreprise et de la situation personnelle.
C’est le seul moyen de ne pas couper à nouveau en deux une société dont l’identité et la solidarité collectives sont déjà largement entamées.

Posté par actupolis à 16:46 - Economie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 février 2007

Vive l'impôt ?

Depuis quelques semaines, Libération et Alternatives Economiques mettent en ligne une pétition qui propose au lecteur d'affirmer son consentement à l'impôt. Comme si le problème se situait à ce niveau ! Personne en France ne songe sérieusement à supprimer l'impôt. Tout le monde sait qu'il est utile.

Le débat au cœur de cette campagne ne porte pas sur l'existence de l'impôt : il porte sur son niveau. Faut-il accepter que les taxes augmentent sans cesse pour financer tout et n'importe quoi ? La question se pose d'autant plus sérieusement maintenant que l'on connaît enfin le programme de Marie-Ségolène Royal, candidate de Libé, qui veut dépenser l'argent du contribuable à tout va.

C'est cela que veulent les promoteurs de cette pétition : toujours plus de dépenses de l'Etat. Et c'est leur droit le plus strict. Mais qu'ils n'essaient pas d'en faire une posture morale en donnant des leçons sur la générosité : c'est juste un positionnement politique. Un positionnement qui consiste à dire "Continuons à gaspiller".

Posté par Aymard à 20:37 - Economie - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 février 2007

La "vie chère" et le nucléaire

Le Général de Gaulle a fait pour la France le choix de l'énergie nucléaire par opposition aux énergies fossiles ou renouvelables.
Si ce choix présente des risques que personne ne nie (avenir à long terme des déchets, risque d'accident...) il est au même titre incontestable que le prix limité de l'électricité en France ainsi que la moindre sensibilité de notre économie aux variations de cours du pétrole en sont largement issus.
Il est donc étonnant que la candidate qui déclare avec le plus d'insistance lutter contre "la vie chère" souhaite une réduction massive de la part du nucléaire (de 78% actuellement à 50% dans 10 ans) et ceci pour  deux raisons: 1/ l'ensemble des moyens alternatifs de production d'électricité présentent des coûts de revient supérieurs au nucléaire 2/ alors même que les centrales actuellement en usage pourraient être utilisées pendant de nombreuses années encore Mme Royal propose de les démanteler pour investir massivement les impôts des français dans la création de nouveaux systèmes de génération (éolien, charbon, biomasse...).
Enfin, alors que la préoccupation environnementale est plus forte que jamais, en particulier s'agissant du réchauffement climatique, les solutions alternatives au nucléaire ne sont guère plus respectueuses de l'envirionnement...

Posté par actupolis à 17:25 - Economie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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