23 février 2007
Pour un service d'intérêt général (2)
Pour recréer cette forme de "gratitude" il faut donc renforcer la conscience du bénéfice reçu de la part de la société.
Prenons l'exemple de deux catégories de population: les étudiants et les chômeurs.
Les étudiants reçoivent énormément de la collectivité: une éducation quasi gratuite et des allocations diverses et variées. Ils ont aussi pour la plupart du temps libre (à l'exception peut être des préparationnaires et de ceux qui doivent travailler pour financer leurs études). Ils pourraient à ce qu'il me semble consacrer une partie de ce temps à aider les autres, par exemple en assurant un tutorat dans les collèges et lycées. Cette mesure permettrait de rétablir une forme d'égalité car cela permettrait à des adolescents qui n'en auraient autrement pas eu la possibilité de travailler avec le soutien d'une personne éduquée, de comprendre les chances de promotion offertes par l'éducation supérieure et d'en comprendre les rouages.
La situation des chômeurs est selon moi dégradante, on leur verse une indemnité pour qu'ils recherchent du travail, et uniquement pour cela. Or d'une part la recherche d'un emploi ne prend pas 100% du temps disponible, d'autre part il est important pour chacun de se sentir utile aux autres et enfin les chômeurs disposent d'une énergie et de compétences qui ne sont pas utilisées pendant leur période de recherche (sans compter l'effet désocialisant de ne pas avoir à se lever le matin).
Il serait pour moi acceptable de demander aux chômeurs de justifier d'une activité sociale (associative, soutien à l'administration, travail environnemental etc) à temps partiel pour toucher leurs indemnités à taux plein.
C'est en recréant cette conscience de l'utilité sociale que l'on arrivera à recréer entre les citoyens un lien en pleine deliquescence.
Pour un service d'intérêt général (1)
La France est un pays peuplé d'ingrats. Les personnes qui bénéficient de l'effort de la collectivité ne lui en sont en général pas reconnaissants. En témoignent par exemple le manque criant de soutien des anciens étudiants de faculté pour l'institution qui les a formé, ou la défiance très forte de la population vis à vis de la police, sans compter les agressions quotidiennes contre les acteurs des services publics dans les quartiers dits "difficiles".
Cet état de fait est en partie expliqué par deux facteurs: d'un côté l'écart dans le temps entre le bénéfice d'un service (par exemple les cours reçus au lycée) et le moment où l'on y contribue (par les impôts, souvent bien plus tard) explique que les français ne fassent pas le lien entre les deux, d'autre part le niveau très élevé des prélèvements explique l'exigence très forte des français vis à vis des services publics (cela explique pourquoi les français donnent très peu aux associations humanitaires, ils estiment avoir déjà payé par l'impôt).
