21 février 2007
Les retraites: et pourquoi pas une révolution?
Le sujet est absolument tabou en France (sauf paradoxalement pour les fonctionnaires, qui profitent de Prefon) mais osons prononcer le (gros) mot: "retraite par capitalisation".
Le système de la retraite par capitalisation consiste pour un individu à mettre durant sa vie de l'argent de côté pour ensuite le dépenser progressivement pendant sa retraite (ce qui ne me semble pas absolument ignoble).
Les vertus de ce système sont son insensibilité aux déséquilibres démographiques, l'accumulation de masses importantes de capital qui permettent de financer l'activité économique (en abaissant le coût du capital pour les entreprises et en retour garantir l'emploi des cotisants), la reconciliation du capital et du travail puisque chacun devient à la fois travailleur et capitaliste.
Ce système présente néanmoins quelques inconvénients, à savoir une relative sensibilité aux cycles économiques et boursiers, un manque de solidarité entre les générations et au sein de chacune, et des risques de banqueroute pour les fonds d'entreprise lorsque ceux ci sont mal gérés.
Une fois n'est pas coutume proposons une méthode "à la Francaise". Pourquoi ne pas créer des fonds de retraite par capitalisation générationnels, financés par ces cotisations obligatoires et offrant des prestations "redistribuées" (c'est à dire que la pension reçue pourrait ne pas être proportionelle aux sommes versées)?
Cela permettrait à la France de limiter sa sensibilité aux évolutions démographiques, de financer son économie, de re-nationaliser le capital de ses entreprises et donc de garder dans la communauté nationale une part plus importante des dividendes versés par ses entreprises, de maintenir la sacro-sainte solidarité nationale et, pourquoi pas, de diriger ces capitaux vers le financement de la construction, de manière à limiter la poussée inflationniste des prix de l'immobilier.
Mon programme pour la France
Je sais ce que vous voulez. Mon programme est donc votre programme.
Vous voulez plus de bonheur ? Je vous propose de créer un Haut Conseil Européen du Bonheur, qui va avoir pour mission de réfléchir aux moyens de rendre les gens plus heureux.
Vous voulez plus d’argent ? Je m’engage à doubler toutes les prestations sociales (retraites, RMI, chômage etc) et aussi à doubler les salaires (les patrons ont de l’argent, il faut simplement aller le chercher là ou il est), alors que la droite n’a fait que les réduire. Je vais aussi créer un nouvel indice des prix, qui luttera contre la vie chère et augmentera mécaniquement le pouvoir d’achat de 5% par an.
Vous voulez plus de sécurité ? Je vais interdire le licenciement capitaliste, rendre obligatoire les cours de bonnes manières à l’école (pour faire baisser la délinquance), et créer des voies de circulation à sens unique sur les trottoirs pour éviter les collisions.
Vous voulez être plus beau ? Je vais rembourser à 100% la chirurgie esthétique
Vous trouvez ce programme mauvais ? Est-il en fait si différent de ceux que vous avez lus récemment ?
Les retraites: une réforme ?
Le problème des retraites est un des enjeux majeurs auxquels la France doit faire face aujourd'hui.
Le problème est très simple: du fait des évolutions démographiques (une génération très nombreuse s'apprête à sortir brutalement de la vie active, avec une espérance de vie élevée) le nombre d'actifs qui cotisent se réduit pendant que le nombre de retraités augmente massivement, il se produit donc un effet "ciseau" (plus de dépenses/moins de recettes) qui remet en cause l'équilibre du système. Il est donc impératif de modifier le statu quo.
La solution réformiste consiste à agir sur chacun des deux axes, recettes et dépenses, tout en maintenant le principe d'un régime par répartition dans lequel les actifs payent pour les retraités.
Certaines réformes peuvent porter sur un des deux axes, ainsi l'augmentation des cotisations permet d'augmenter les ressources et la baisse des pensions (par exemple en alignant les régimes spéciaux sur le régime général) permet de limiter les dépenses.
D'autres réformes permettent de faire d'une pierre deux coups. Ainsi du recul de l'age légal de départ à la retraite et de l'allongement de la durée de cotisation. On permet ici de maintenir le nombre de cotisants, et donc le montant en valeur absolue des cotisations, tout en limitant la hausse du nombre de retraités, et donc des dépenses. Sur ce point il faudra débuter en priorité par la suppression des incitations fiscales à la préretraite, qui sont un non sens absolu. Plus retorse est la réforme consistant, à principe d'age de départ constant, à augmenter la décote (diminution de la pension) pour les personnes partant en retraite de manière anticipée et la surcote pour les personnes qui dépassent le minimum légal.
On peut aussi adopter une approche statistique consistant, par métier, à définir l'age de départ en fonction de l'espérance de vie, de manière à retarder le départ de ceux qui peuvent espérer une vie longue après 60 ans, et au contraire d'anticiper la retraite de ceux dont on sait que leur métier entraîne une espérance de vie plus courte.
Il ne me semble malheureusement pas que l'un quelconque des candidats à l'élection présidentielle mesure l'importance de ce débat et propose des mesure à la hauteur des enjeux (à savoir la possibilité d'une génération à construire sa propre vie sans subir le poids intolérable de la génération qui l'a précédée).
