19 février 2007
Les socialistes ou le gouvernement des fonctionnaires
Une rapide analyse de la future ex-équipe de campagne de Marie-Ségolène Royal nous apprend que sur 17 membres seuls 4 déclarent une profession dans le secteur privé, dont deux dans des secteurs pas franchement "conventionnels" (écrivaine et journaliste retraitée) et un autre en retrait de son métier depuis plus de 10 ans.
Comment alors s'étonner de la consonance franchement étatiste du programme de la candidate PS et du manque de compréhension face aux réalités vécues par 75% des Français (par exemple concernant la retraite).
Faisons une proposition: et si, sur le modèle de la loi sur la parité hommes/femmes, on imposait en politique une loi de proportionnalité entre le privé et le public? Le personnel politique ressemblerait certainement plus nettement au peuple qu'il est censé représenter.
La liste des membres de l'équipe de campagne
1- Jean-Louis Bianco : Conseiller d'Etat
2- François Rebsamen : Sous-préfet
3- Patrick Mennucci, ex-gérant de restaurant (1989-1995)
4- Danielle Bousquet, professeur de sciences économiques jusqu’en 1997
5- Yvon Collin, Directeur de cabinet
6- Julien Dray, Enseignant chercheur
7- Jack Lang, Professeur agrégé de droit public
8- Bruno Le Roux, professeur de gestion
9- Aurélie Filippetti, écrivain
10- Ouarda Karaï, membre du pôle élections du PS
11- Dominique Bertinotti, Maître de conférences
12- Christophe Chantepy, conseiller d'état
13- Camille Putois, chef du bureau des élections du ministère de l’Intérieur
14- Yvette Roudy, Journaliste
15- Safia Otokoré, professeur de sport
16- Arnaud Montebourg avocat
17- Gilles Savary enseignant-chercheur
Une vision libérale de l'entreprise (2)
Si l’on adopte cette vision de l’entreprise alors de nombreuses pistes de réformes peuvent être envisagées.
On pourrait imaginer de nouvelles modalités de rémunération des dirigeants. Ceux-ci devraient faire un choix exclusif entre rémunération à la performance ou rémunération du travail au temps passé. Il est en effet anormal de voir des patrons bénéficier à la fois d’une forte rémunération (sans compter les « parachutes dorés ») et de bonus mirobolants en fonction de la performance boursière de l’entreprise. Si un patron souhaite être rémunéré au temps passé alors il doit renoncer à tout capital. S’il souhaite être rémunéré à la performance alors il ne peut avoir de salaire fixe, par ailleurs sa performance devra être évaluée au regard des trois facteurs de production mentionnés au préalable et non pas de la seule performance boursière.
Les entreprises jouent aussi un rôle dans l’organisation de la société, il serait donc parfaitement normal que celles-ci participent à la promotion de l’égalité homme/femme et de l’activité des seniors (deux facteurs clés d’un potentiel retour à la compétitivité de la France), par exemple en généralisant les crèches d’entreprise ou en rendant possible de manière plus systématique le temps partiel choisi.
De même comment mieux que par la généralisation de l’actionnariat salarié réconcilier les facteurs travail et capital ? Il est aisé d’expliquer à un salarié que ce qu’il ne touche pas en hausse de salaire il le touche en dividendes…
Je ne prétends pas ici détenir la vérité mais constate simplement que plutôt que de proposer des réformes à partir d’une vision fantasmée de l’entreprise, tel que le font les socialistes (notons d’ailleurs la très faible part de l’équipe de campagne de MS Royal qui a un jour travaillé dans une entreprise), il convient d’abord d’en comprendre le fonctionnement.
Une vision libérale de l'entreprise (1)
Les gauchistes français manquent cruellement de culture politique dans leur dénonciation de la droite.
En effet ils considèrent que la droite française est libérale (ce qui est faux) et que le libéralisme consiste avant tout en la domination du capital sur le travail, ce qui revient à confondre libéralisme et capitalisme.
Une approche libérale pourrait consister à identifier clairement les trois facteurs de production mis en œuvre dans une entreprise, définis tels que l’absence de l’un d’entre eux empêcherait toute entreprise de fonctionner. On recense donc le travail, le capital et « l’environnement ».
Le travail est fourni par les salariés de l’entreprise. Il doit être rémunéré au temps passé et/ou à la performance.
Le capital permet à l’entreprise d’optimiser la productivité du travail en permettant à celle-ci de s’équiper. Il doit être rémunéré en prenant en considération le fait qu’il représente pour les apporteurs une consommation différée, un sacrifice et un risque. Il faut lutter contre l’idée d’un capital « in-humain », au contraire le capital est éminemment humain.
Le dernier facteur, « l’environnement », est plus complexe à définir. Il consiste en l’environnement physique et réglementaire qui permet à l’entreprise d’exister : des infrastructures qui permettent des échanges, des écoles qui forment les salariés, une police qui sécurise le droit de propriété etc. Ce facteur doit être rémunéré selon plusieurs formes: la taxation des activités (taxes sur le travail, sur le profit, sur l’impact environnemental) et la participation des entreprises à la vie sociale.
